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	<title><![CDATA[Silence Community: Critique de la chambre de Camille sur Micmag.net]]></title>
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	<pubDate>Tue, 31 May 2011 00:21:58 +0200</pubDate>
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	<title><![CDATA[Critique de la chambre de Camille sur Micmag.net]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Paris :La compagnie Hippocampe, revisite l'amour !</p><p><strong>La compagnie de mime corporel Hippocampe dans un d&eacute;cor minimal parle des maux indicibles de l'amour dans une r&eacute;sonance temporelle et artistique judicieuse. Une fois fini, on en voudrait encore ! <br />Par Mathilde Estrangin (Paris)</strong></p><p><img src="http://www.micmag.net/images/stories/com_form2content/p1/f334/4.jpg" alt="image" style="border: 0px; border: 0px; border: 0px; "> &nbsp;</p><p>Au Lavoir Moderne Parisien au c&oelig;ur du quartier de la Goutte d&rsquo;or, la salle est comble. Lumi&egrave;res sur le plateau. Le d&eacute;cor est minimal et on voit deci-del&agrave; des ombres v&ecirc;tues de blanc. Le lieu est id&eacute;al pour faire voyager le spectateur dans la chambre, l&rsquo;atelier et l&rsquo;esprit de Camille Claudel. La pi&egrave;ce tr&egrave;s contemporaine parle avec peu de mots des maux indicibles de l&rsquo;amour, de ceux de la relation entre Rodin et Camille Claudel.</p><p>Au centre, elle est l&agrave;. Qui&nbsp;? Une femme, envelopp&eacute;e dans un drap blanc qui fait tout de suite penser aux camisoles blanches des ali&eacute;n&eacute;es de Saint-Anne. Sans doute, un &eacute;cho &agrave; la fin de la vie de Camille Claudel, sculpteur de g&eacute;nie, amante terrible &eacute;gar&eacute;e dans les affres de l&rsquo;amour. Elle se r&eacute;veille, d&eacute;couvre les statuts, les mod&egrave;le, les articule. La compagnie de mime corporel, Hippocampe, cr&eacute;&eacute;e par le br&eacute;silien Luis Torreao, commence alors une v&eacute;ritable performance sc&eacute;nique pendant pr&egrave;s d&rsquo;une heure. Malgr&eacute; une musique trop lancinante et inopportune &agrave; certains moments, la promiscuit&eacute; de la sc&egrave;ne laisse percevoir le bruit des corps et des souffles qui suffisent &agrave; comprendre les non-dits qui s&rsquo;&eacute;chappent des silences du mime.</p><p>Des situations amoureuses se succ&egrave;dent sans laisser transpara&icirc;tre de chronologie&nbsp;: l&rsquo;amour enfantin et coquin, cruel et violent, ali&eacute;nant et malsain, sensuel et tendre. J&rsquo;ai d&rsquo;abord regrett&eacute; ces arr&ecirc;ts sur image, perdue. N&eacute;anmoins, le manque de fluidit&eacute; des mouvements, telles des statuts, transpose finement la sculpture comme miroir des jeux identitaires qui se trament dans un couple. Le mime, &agrave; mi-chemin entre la danse et le th&eacute;&acirc;tre, porte l&rsquo;histoire passionnelle de la sculptrice avec son ma&icirc;tre &agrave; la perfection. Le mime corporel apporte donc une &eacute;motion particuli&egrave;re aux situations, les visages et les regards sont forts, per&ccedil;ants.</p><p>La relation de Claudel et Rodin sert ici de socle universel pour comprendre les m&eacute;andres des relations amoureuses. Les pas de deux et de trois esquissent des rencontres et des fantasmes amoureux uniques. On retrouve par ailleurs le chiffre trois dans le tryptique qui relie Claudel aux textes de Guillaume Apollinaire et Ibsen et qui d&eacute;couvre l&agrave;, &agrave; mon sens, le c&oelig;ur de la pi&egrave;ce.</p><p>La Chambre de Camille donne en effet une tr&egrave;s belle lecture de ces deux textes. Ces r&eacute;sonances temporelles et artistiques sont tr&egrave;s judicieuses. Les leitmotivs dans les mouvements jalonnent avec pertinence la pi&egrave;ce. On retrouve la posture du Penseur de Rodin, une main sur la cuisse l&rsquo;autre au visage, ils prennent leurs pieds, ils se prennent la t&ecirc;te. Les tensions et les rel&acirc;ch&eacute;s des corps, les chutes et les contacts entre les com&eacute;diens mettent en valeur les &eacute;motions qui existent entre deux &ecirc;tres aimant. De cours passages chor&eacute;graphiques sont repris en m&ecirc;me temps que sont lus et relus les textes de Guillaume Apollinaire et Ibsen. Les vers r&eacute;p&eacute;t&eacute;s des Lettres &agrave; Lou refl&egrave;tent l&rsquo;obsession amoureuse. Puis la voix f&eacute;minine qui lit les textes est tant&ocirc;t un narrateur f&eacute;minin tant&ocirc;t masculin. On ne sait plus alors qui est qui&nbsp;: les personnages sont interchangeables. La pr&eacute;sence m&ecirc;me de Camille Claudel para&icirc;t soudain un peu fade mais est sublim&eacute;e par les &eacute;garements d&rsquo;identit&eacute;s entre les com&eacute;diens.</p><p>Un homme&nbsp;; Rodin, se jette dans le vide&nbsp;: la lumi&egrave;re s&rsquo;amoindrit. Les corps sans vie sont recouverts alors d&rsquo;un linceul comme les sculptures inachev&eacute;es d&rsquo;un atelier. La boucle est boucl&eacute;e. La compagnie a su capter l&rsquo;attention du public et cr&eacute;er un lien sp&eacute;cial avec lui. On en voudrait encore&nbsp;!</p><p>Au Lavoir Moderne Parisien au c&oelig;ur du quartier de la Goutte d&rsquo;or, la salle est comble. Lumi&egrave;res sur le plateau. Le d&eacute;cor est minimal et on voit deci-del&agrave; des ombres v&ecirc;tues de blanc. Le lieu est id&eacute;al pour faire voyager le spectateur dans la chambre, l&rsquo;atelier et l&rsquo;esprit de Camille Claudel. La pi&egrave;ce tr&egrave;s contemporaine parle avec peu de mots des maux indicibles de l&rsquo;amour, de ceux de la relation entre Rodin et Camille Claudel.</p><p>Au centre, elle est l&agrave;. Qui&nbsp;? Une femme, envelopp&eacute;e dans un drap blanc qui fait tout de suite penser aux camisoles blanches des ali&eacute;n&eacute;es de Saint-Anne. Sans doute, un &eacute;cho &agrave; la fin de la vie de Camille Claudel, sculpteur de g&eacute;nie, amante terrible &eacute;gar&eacute;e dans les affres de l&rsquo;amour. Elle se r&eacute;veille, d&eacute;couvre les statues, les mod&egrave;le, les articule. La compagnie de mime corporel, Hippocampe, cr&eacute;&eacute;e par le br&eacute;silien Luis Torreao, commence alors une v&eacute;ritable performance sc&eacute;nique pendant pr&egrave;s d&rsquo;une heure. Malgr&eacute; une musique trop lancinante et inopportune &agrave; certains moments, la promiscuit&eacute; de la sc&egrave;ne laisse percevoir le bruit des corps et des souffles qui suffisent &agrave; comprendre les non-dits qui s&rsquo;&eacute;chappent des silences du mime.</p><p>Des situations amoureuses se succ&egrave;dent sans laisser transpara&icirc;tre de chronologie&nbsp;: l&rsquo;amour enfantin et coquin, cruel et violent, ali&eacute;nant et malsain, sensuel et tendre. J&rsquo;ai d&rsquo;abord regrett&eacute; ces arr&ecirc;ts sur image, perdue. N&eacute;anmoins, le manque de fluidit&eacute; des mouvements, telles des statues, transpose finement la sculpture comme miroir des jeux identitaires qui se trament dans un couple. Le mime, &agrave; mi-chemin entre la danse et le th&eacute;&acirc;tre, porte l&rsquo;histoire passionnelle de la sculptrice avec son ma&icirc;tre &agrave; la perfection. Le mime corporel apporte donc une &eacute;motion particuli&egrave;re aux situations, les visages et les regards sont forts, per&ccedil;ants.</p><p>La relation de Claudel et Rodin sert ici de socle universel pour comprendre les m&eacute;andres des relations amoureuses. Les pas de deux et de trois esquissent des rencontres et des fantasmes amoureux uniques. On retrouve par ailleurs le chiffre trois dans le tryptique qui relie Claudel aux textes de Guillaume Apollinaire et Ibsen et qui d&eacute;couvre l&agrave;, &agrave; mon sens, le c&oelig;ur de la pi&egrave;ce.</p><p>La Chambre de Camille donne en effet une tr&egrave;s belle lecture de ces deux textes. Ces r&eacute;sonances temporelles et artistiques sont tr&egrave;s judicieuses. Les leitmotivs dans les mouvements jalonnent avec pertinence la pi&egrave;ce. On retrouve la posture du Penseur de Rodin, une main sur la cuisse l&rsquo;autre au visage, ils prennent leurs pieds, ils se prennent la t&ecirc;te. Les tensions et les rel&acirc;ch&eacute;s des corps, les chutes et les contacts entre les com&eacute;diens mettent en valeur les &eacute;motions qui existent entre deux &ecirc;tres aimant. De cours passages chor&eacute;graphiques sont repris en m&ecirc;me temps que sont lus et relus les textes de Guillaume Apollinaire et Ibsen. Les vers r&eacute;p&eacute;t&eacute;s des Lettres &agrave; Lou refl&egrave;tent l&rsquo;obsession amoureuse. Puis la voix f&eacute;minine qui lit les textes est tant&ocirc;t un narrateur f&eacute;minin tant&ocirc;t masculin. On ne sait plus alors qui est qui&nbsp;: les personnages sont interchangeables. La pr&eacute;sence m&ecirc;me de Camille Claudel para&icirc;t soudain un peu fade mais est sublim&eacute;e par les &eacute;garements d&rsquo;identit&eacute;s entre les com&eacute;diens.</p><p>Un homme&nbsp;; Rodin, se jette dans le vide&nbsp;: la lumi&egrave;re s&rsquo;amoindrit. Les corps sans vie sont recouverts alors d&rsquo;un linceul comme les sculptures inachev&eacute;es d&rsquo;un atelier. La boucle est boucl&eacute;e. La compagnie a su capter l&rsquo;attention du public et cr&eacute;er un lien sp&eacute;cial avec lui. On en voudrait encore&nbsp;!</p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>Luis Torreao</dc:creator>
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