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	<title><![CDATA[Silence Community: Le mime, langue morte ?]]></title>
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	<pubDate>Sun, 17 Jan 2021 15:57:32 +0100</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le mime, langue morte ?]]></title>
	<description><![CDATA[<h2>Le mime, langue morte ?</h2>

<h3>H&eacute;ritages, pr&eacute;sences et limites des arts du geste dans la pratique artistique contemporaine</h3>

<h4>10 et 11 d&eacute;cembre 2021</h4>

<p><br />
<em>Colloque organis&eacute; avec le soutien du Th&eacute;&acirc;tre de l&rsquo;Odyss&eacute;e (sc&egrave;ne conventionn&eacute;e de P&eacute;rigueux), de l&rsquo;OARA (Office Artistique de la Nouvelle Aquitaine &agrave; Bordeaux), du PRITEPS (Programme de Recherche Interdisciplinaire sur le Th&eacute;&acirc;tre et les Pratiques Sc&eacute;niques &agrave; Sorbonne Universit&eacute;), de l&rsquo;ED 019 (Sorbonne Universit&eacute;), du CELLF (Sorbonne Universit&eacute;), du CRLC (Sorbonne Universit&eacute;), du CRLC (Sorbonne Universit&eacute;), de l&rsquo;UFR d&rsquo;&eacute;tudes slaves de Sorbonne Universit&eacute; et de la SOFETH (Soci&eacute;t&eacute; Fran&ccedil;aise d&#39;Ethnosc&eacute;nologie).</em><br />
<br />
Comit&eacute; d&rsquo;organisation :<br />
Aida Copra, Silvia de Min, Nathalie &Eacute;lain, Agathe Giraud, G&eacute;raldine Moreau, Cl&eacute;ment Scotto.</p>

<p>Si le mime existe vraisemblablement depuis l&#39;Antiquit&eacute;, il a rev&ecirc;tu, au fil des si&egrave;cles, de nombreuses r&eacute;alit&eacute;s stylistiques et artistiques, au point que ses contours contemporains sont devenus flous (Torcoletti, 2020). Th&eacute;&acirc;tre gestuel, arts du geste, mime contemporain, mime physique, th&eacute;&acirc;tre de mouvement, spectacle visuel, cr&eacute;ation gestuelle, la quantit&eacute; de d&eacute;nominations choisies par les compagnies contemporaines pour pr&eacute;senter leur travail r&eacute;v&egrave;lent l&rsquo;&eacute;parpillement du mime. Alors que le corps et le geste, noyaux du mime, connaissent un regain d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t dans les pratiques artistiques depuis les ann&eacute;es 1960-1970 (Lachaud et Lahuerta, 2007), plus personne ne semble vouloir se revendiquer &laquo; artiste mime &raquo; ; comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une langue morte, d&rsquo;un autre temps, inadapt&eacute;e aux enjeux contemporains.<br />
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Dans le monde grec, l&rsquo;acteur mime est d&eacute;crit comme un acrobate et un acteur complet qui peut user ou non de la parole (Pinok et Matho, 2016) ; tandis qu&rsquo;&agrave; l&#39;&eacute;poque romaine, l&#39;art du geste mim&eacute; s&rsquo;affirme de plus en plus avec les ludions, les histrions et les atellanes. L&#39;histoire de la discipline se poursuit au si&egrave;cle d&#39;Auguste, qui voit na&icirc;tre le terme de &laquo; pantomime &raquo; : celle-ci s&#39;int&eacute;resse aux sujets tir&eacute;s de la mythologie et illustre gestuellement le po&egrave;me chant&eacute; par les musiciens. Ainsi, si le mime &eacute;tait initialement un art du corps, il devient peu &agrave; peu un art des mains qui doit exprimer par gestes ce qu&#39;il est habituel d&#39;exprimer par mots. Plusieurs si&egrave;cles plus tard, Jean-Gaspard Deburau, c&eacute;l&egrave;bre acteur mime, porte la pantomime fran&ccedil;aise du XIX&egrave;me si&egrave;cle &agrave; son apog&eacute;e gr&acirc;ce &agrave; son personnage de Pierrot, largement inspir&eacute; des types de la commedia dell&#39;arte. Mais &agrave; la fin du si&egrave;cle, le genre pantomimique tombe en d&eacute;su&eacute;tude (Martinez, 2008) et appara&icirc;t de plus en plus comme une &laquo; gesticulation brouillonne &raquo; (Decroux, 1963). En r&eacute;action, au cours de la premi&egrave;re moiti&eacute; du XX&egrave;me si&egrave;cle, &Eacute;tienne Decroux met au point son &laquo; nouveau mime &raquo; (De Marinis, 1993) : le mime corporel. Il s&rsquo;agit de faire table rase du pass&eacute; et d&rsquo;&eacute;crire une grammaire du mouvement, dans la veine des travaux contemporains autour de la red&eacute;couverte du corps de l&#39;acteur men&eacute;s par Grotowski, Meyerhold ou encore Stanislavski.<br />
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Qu&rsquo;en est-il aujourd&rsquo;hui ? Comment cette longue histoire du mime, superficiellement r&eacute;sum&eacute;e ici, s&rsquo;est-t-elle poursuivie depuis les travaux novateurs d&rsquo;&Eacute;tienne Decroux ? &Agrave; la multiplicit&eacute; des origines et des pratiques des arts du geste s&rsquo;oppose une vision commune du genre &laquo; mime &raquo;, qui semble phagocyt&eacute;e par des figures tut&eacute;laires : le Pierrot de Jean-Gaspard Deburau, le personnage Bip de Marcel Marceau ou encore le Charlot de Charlie Chaplin. Ces types occupent largement les imaginaires collectifs, au point que leur notori&eacute;t&eacute; a parfois occult&eacute;, pour les publics, l&#39;existence de styles de mime se r&eacute;clamant d&#39;autres &eacute;coles (Pinok et Matho, 2016).<br />
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Pour les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations d&rsquo;acteurs, il s&rsquo;agit de se r&eacute;approprier des h&eacute;ritages p&eacute;dagogiques et stylistiques anciens, voire d&eacute;suets et de r&eacute;interroger ainsi les rapports ma&icirc;tre/&eacute;l&egrave;ve. On pourra se demander : quelle place occupe le mime dans la pratique et dans l&rsquo;enseignement th&eacute;&acirc;tral aujourd&rsquo;hui, et quelle utilisation est faite des figures tut&eacute;laires du d&eacute;but du XX&egrave;me si&egrave;cle (E. Decroux, J. Lecoq, M. Marceau) ? Comment int&eacute;grer dans sa pratique artistique et dans son enseignement p&eacute;dagogique le poids du pass&eacute; que repr&eacute;sentent ces mod&egrave;les ? Face &agrave; la multiplicit&eacute; des h&eacute;ritages, comment les praticiens revendiquent-ils ou non le mime dans leurs processus cr&eacute;atifs ? Quels mots emploient-ils pour le qualifier ? Quels proc&eacute;d&eacute;s techniques des grands ma&icirc;tres empruntent-ils ? De mani&egrave;re plus large, il s&rsquo;agira d&rsquo;interroger les notions de filiations, d&rsquo;h&eacute;ritages et de r&eacute;pertoires dans les arts vivants.<br />
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Le colloque s&rsquo;int&eacute;ressera &eacute;galement &agrave; la diss&eacute;mination du mime en se demandant s&rsquo;il est possible et pertinent de r&eacute;pondre &agrave; la question : &laquo; Qu&rsquo;est-ce qui fait mime ? &raquo;. Les appellations &laquo; arts du geste &raquo; ou &laquo; arts du mime et du geste &raquo;, utilis&eacute;es par certains professionnels du secteur depuis une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es, permettent-elle de r&eacute;soudre ou de contourner les probl&egrave;mes d&rsquo;identification et de d&eacute;limitation du mime ? Si l&rsquo;on observe les productions artistiques des derni&egrave;res d&eacute;cennies, l&rsquo;on remarque un d&eacute;tachement des figures traditionnelles (Pierrot, Bip, Charlot) pour une mutation du mime vers les arts du mouvement (Garcia, 2012). Ainsi, les questions de l&rsquo;affranchissement des fronti&egrave;res disciplinaires et du m&eacute;tissage artistique se posent pour les artistes contemporains. Cet &eacute;largissement du mime et les croisements interdisciplinaires sont-ils une solution vers la reconnaissance r&eacute;clam&eacute;e par certains acteurs de la profession ou risquent-ils d&rsquo;aboutir &agrave; une dissolution de ce langage ? En somme, le mime peut-il &ecirc;tre un art autonome et ainsi trouver sa place dans les arts officiels ou est-il un art &agrave; la marge ? Il serait int&eacute;ressant de r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; ces questions sous l&rsquo;&eacute;clairage des disciplines artistiques ayant connu un renouvellement au cours du XXe si&egrave;cle, et souvent associ&eacute;es aux arts du mime : par exemple les arts de la marionnette, la danse, la danse-th&eacute;&acirc;tre, le cirque&hellip;<br />
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Cette ouverture &agrave; la notion de &laquo; geste &raquo; pose la question d&rsquo;une omnipr&eacute;sence du mime : si, &agrave; la mani&egrave;re de Marcel Jousse (1974), nous concevons l&rsquo;&ecirc;tre humain comme un complexus de gestes, alors tout est geste, alors tout serait mime. De ce point de vue, quelle est la place du mime sur les sc&egrave;nes contemporaines ? Plus largement, comment la notion de &laquo; geste &raquo; nourrit la pratique artistique contemporaine, sous toutes ses formes ? Une telle question rejoint la r&eacute;flexion sur la notion de mimesis et renvoie aux discours platoniciens et aristot&eacute;liciens sur l&rsquo;imitation et la repr&eacute;sentation. Comment le mime, per&ccedil;u comme art de l&rsquo;imitation, est-il l&rsquo;h&eacute;ritier de cette distinction ancienne ? Pour Antonin Artaud, &laquo; si nous avons tous fini par consid&eacute;rer le th&eacute;&acirc;tre comme un art inf&eacute;rieur, un moyen de distraction vulgaire (...), c&#39;est qu&#39;on nous a trop dit que c&#39;&eacute;tait (...) du mensonge et de l&#39;illusion. &raquo; (Artaud, 1964 ; 116) Qu&rsquo;en est-il pour l&rsquo;art du mime ? Comment le geste mis en sc&egrave;ne interroge-t-il le r&eacute;el ? Quelle th&eacute;&acirc;tralit&eacute; se d&eacute;veloppe &agrave; travers le corps et le geste de l&rsquo;acteur ? On pourra croiser la r&eacute;flexion th&eacute;&acirc;trale et actoriale avec des travaux d&eacute;di&eacute;s au geste dans ses acceptions neuro-scientifiques en abordant les notions de sch&eacute;ma corporel et d&rsquo;imitation neuronale, offertes par le champ des sciences du mouvement.<br />
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Enfin, un dernier axe sera consacr&eacute; au caract&egrave;re immat&eacute;riel des arts du mime et du geste. Comment se constitue la m&eacute;moire d&rsquo;un art du mouvement ? Face &agrave; une langue morte &ndash; si tant est que le mime en soit une &ndash; on fait l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;inaccessibilit&eacute; d&rsquo;un sens imm&eacute;diat avec la conscience qu&rsquo;il y en a un. Se posent alors les questions relatives &agrave; la m&eacute;moire pure, au t&eacute;moignage, ou encore &agrave; l&rsquo;archivage (Agamben, 1982 ; Lucet et Proust, 2017). Dans ce sens, comment et pourquoi conserver le r&eacute;pertoire des arts du mime et du geste ? Le corps de l&rsquo;acteur peut-il se faire le porteur de la m&eacute;moire et des h&eacute;ritages de son art ? Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;interroger les notions de m&eacute;moire, de patrimoine et de conservation des arts vivants.<br />
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Les communications pourront concerner directement les arts du mime ou bien prendre appui sur des travaux men&eacute;s dans des disciplines connexes (th&eacute;&acirc;tre, danse, arts de la marionnette, clown, cirque, etc.) afin de transposer les questions et les r&eacute;flexions au domaine du mime.</p><p>Address of the bookmark: <a href="https://archive.vn/J0mcG" rel="nofollow">https://archive.vn/J0mcG</a></p>]]></description>
	<dc:creator>Philippe Pillavoine</dc:creator>
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